Mercosur, PAC, paperasse…  ou quand les règlements «tuent» les gens!

Le 18 décembre dernier, nous étions tous à Bruxelles pour protester contre le Mercosur, la désillusion de la future PAC et le ras-le-bol de la paperasse à n’en plus finir. Ces trois (gros) arbres qui cachent la forêt … de la vraie problématique: l’érosion progressive et continue du revenu agricole, qui le tue à petit feu.

Si le revenu était suffisant, les agriculteurs pourraient plus facilement s’accommoder d’accords commerciaux indésirables, de primes PAC en diminution, et se payer des secrétaires pour remplir des formulaires!

Hélas, il faudrait être aveugle pour ne pas voir que la dynamique actuelle se résume plutôt à faire toujours plus pour gagner toujours moins.

Depuis le 18 décembre, l’enfumage sur la nouvelle PAC continue, entre les annonces d’améliorations budgétaires qui n’en sont pas et les ouvertures qui ne se concrétisent pas.

La FWA et le COPA sont quotidiennement au cœur des arcanes du pouvoir et travaillent d’arrache-pied pour rendre les propositions de la PAC moins imbuvables, mais à ce stade aucun élément rassurant ne peut être mis en avant. Du flou, avec moins de sous.

La FWA participe de longue date à de nombreuses réunions de concertation sur la complexité administrative, où il faut réconcilier concept théorique et mise en œuvre pratique. Lors d’une réunion organisée par la FWA pour ses élus avec deux spécialistes de ces questions la semaine passée, le constat était à nouveau clair: trop de règlement «tue» les gens. La seule manière de simplifier, c’est de moins et mieux réglementer!

Les contrôleurs, eux-mêmes ultra-contrôlés, bouclent la boucle tel un serpent qui se mord la queue. Mesdames-messieurs les rédacteurs de règlements européens, je crois qu’un petit stage dans le quotidien d’une exploitation agricole vous ferait le plus grand bien. Si vous nous lisez, soyez les bienvenus!

Enfin, je ne peux pas passer sous silence la signature de l’accord du Mercosur par le Conseil UE, marquée notamment par l’abstention de la Belgique. Comme un pied nez au monde agricole, prouvant l’arrogance et l’incapacité de la commission à comprendre la profondeur du mal-être agricole, pourtant significativement affichée. Reste à franchir la barre du Parlement européen, sur lequel, avec le COPA, nous allons maintenir la pression jusqu’au bout.

Cet accord contre lequel la FWA se dresse depuis des années vent debout, va encore amplifier les risques commerciaux pris par les agriculteurs européens au quotidien. Mais diantre, quand va-t-on arrêter de brader une agriculture locale et de qualité contre des BMW?

La gestion des risques commerciaux sera un des deux thèmes de débat lors du congrès FWA du 29 janvier soir à l’espace Senghor à Gembloux.

Au moins tout aussi impactant que les risques commerciaux sont les risques sanitaires. FCO, IRB et autres DNC pour les éleveurs, mauvaises herbes, insectes et champignons pour les cultivateurs. Dans un contexte où les moyens de lutte sont limités et parfois inexistants, quelles solutions innovantes peut-on apporter? Ce sera le deuxième grand thème de cette soirée à laquelle vous êtes cordialement conviés.

Le 29 janvier, tous à Gembloux : inscrivez-vous !

Benoît Haag, Secrétaire général