L’été 2026 nous rappelle, avec une force particulière, que nous travaillons avec le vivant. La sécheresse que nous connaissons aujourd’hui en est une nouvelle illustration.
Dans nos campagnes, les conséquences se mesurent déjà très concrètement: les maïs, les pommes de terre, les betteraves, mais aussi les prairies qui constituent le cœur de nombreux systèmes d’élevage connaissent des situations critiques. Derrière ces cultures et ces paysages, ce sont surtout des entrepreneurs qui s’interrogent sur leurs récoltes, leurs revenus et, plus largement, sur la capacité de leur exploitation à traverser une nouvelle année extrêmement difficile.
La question de l’eau est devenue centrale. Elle concerne bien entendu l’agriculture, mais elle dépasse largement nos seules exploitations. L’état des nappes phréatiques, la disponibilité de la ressource et la manière dont nous organisons collectivement son utilisation doivent nous conduire à regarder les choses avec lucidité et anticipation.
Face à cette situation, il est essentiel de rappeler que l’agriculteur ne peut pas être le seul à supporter les conséquences d’un phénomène qui relève aussi de l’évolution de notre climat et de nos choix collectifs. La FWA a donc entrepris les démarches nécessaires et continue à porter les demandes du secteur auprès des autorités. Notre rôle est précisément celui-là: faire remonter la réalité du terrain, défendre les intérêts des agriculteurs et obtenir des réponses concrètes lorsque les circonstances l’exigent.
Quand les flammes appellent à la solidarité
Cette sécheresse nous rappelle également que le risque ne se limite pas aux récoltes. Elle augmente considérablement le danger d’incendie dans nos campagnes et nos espaces naturels. Les dernières semaines nous l’ont malheureusement rappelé, avec plusieurs départs de feu en Wallonie et, tout récemment, l’incendie historique qui s’est déclaré dans les Fagnes.
Dans ces moments-là, quelque chose de profondément ancré dans notre monde rural réapparaît: l’entraide et la solidarité.
Lorsque les pompiers interviennent pour lutter contre un incendie, les agriculteurs ne restent pas spectateurs. Avec leurs tracteurs, leurs tonneaux à eau, leurs citernes ou simplement leur connaissance du terrain, ils peuvent apporter une aide précieuse aux services de secours. Cette complémentarité entre professionnels du secours et agriculteurs montre une nouvelle fois que, dans nos campagnes, la solidarité n’est pas un vain mot, elle est force extraordinaire.
Les pompiers risquent leur vie pour protéger les personnes, les habitations, les exploitations et notre environnement. Les agriculteurs, eux aussi, savent ce que signifie intervenir dans l’urgence, prendre des risques et mettre leur matériel à disposition pour protéger leur voisinage.
Cette coopération mérite d’être saluée et encouragée. Elle montre également que l’agriculture joue un rôle qui dépasse largement la seule production alimentaire. Les agriculteurs sont aussi des acteurs de leur territoire, des voisins, des citoyens et, lorsque les circonstances l’exigent, des partenaires indispensables de la sécurité de nos campagnes.
C’est cette image-là de l’agriculture que nous devons aussi faire connaître.
Une agriculture qui ne renonce pas
L’été agricole, c’est aussi celui des rencontres. La Foire de Libramont nous l’a une nouvelle fois démontré. Elle reste un formidable lieu de dialogue, de confrontation des idées et de rencontre entre agriculteurs, professionnels, citoyens et responsables politiques.
Le débat Tomorrowfood, les échanges autour des relations entre agriculteurs et l’ensemble des partenaires de la chaîne alimentaire, la réflexion sur l’avenir de notre agriculture ou encore la place qui lui est accordée dans les médias montrent combien nous devons continuer à expliquer notre métier. Nous ne pouvons pas nous contenter de produire. Nous devons aussi faire comprendre ce que nous produisons, pourquoi nous le faisons et dans quelles conditions nous exerçons notre métier.
Derrière chacune des initiatives présentées à Libramont, il y a une même volonté: avancer.
C’est également cette volonté que nous retrouverons à la Foire de Battice. Cette manifestation est un moment important pour notre agriculture wallonne. La FWA et l’UAW y seront présentes, entourées de nombreux bénévoles. Et je tiens ici à les remercier chaleureusement. Car derrière notre stand, nos événements, nos débats et nos actions, il y a toujours des agricultrices et des agriculteurs qui donnent de leur temps pour faire vivre notre organisation.
Les concours agricoles de Ciney, Perwez, Mettet et Le Roeulx, les pages de l’UAW, les activités de la FWAcademy complètent ce numéro et témoignent eux aussi d’une agriculture vivante, diverse, professionnelle et profondément attachée à son territoire.
La sécheresse nous inquiète. Oui, les incertitudes sont nombreuses. Oui, les défis auxquels nous sommes confrontés deviennent chaque année plus complexe.
Notre agriculture n’est pas une agriculture qui renonce. Elle observe, elle s’adapte, elle innove, elle se remet en question. Et surtout, elle continue à avancer.
C’est précisément pour cela que nous devons rester collectifs. Parce que dans les moments difficiles, l’isolement fragilise. La solidarité, elle, donne de la force.
La FWA continuera à être aux côtés des agriculteurs pour défendre leurs intérêts, porter leur voix, obtenir des réponses et, surtout, rappeler une évidence que nous ne devons jamais perdre de vue: sans la FWA il n’y aurait plus d’agriculture.
Bonne lecture à toutes et à tous, et rendez-vous à Battice !
